Off

Le Off du photographe

Sacha Lenormand ASTROLABE Projet Personnel Exposition

Travaux personnels et recherches en tous genres :

Voici un espace de liberté en dehors de celui de la commande professionnelle, un espace à risque puisque je m’y découvre sincèrement. La photographie est mon mode d’expression et cette page est destinée à présenter mes recherches, ébauches et élucubrations !!! Du flou, du net, du barré et du classique. Ce qui m’émeut simplement. Des idées et leurs mises en œuvre photographiques. j’en ai des cartons pleins, en voici quelques-uns…

Astrolabe imaginaire !

Le voilà le vrai pouvoir de la photographie c’est de geler, figer, transformer en sel ce qu’elle touche du regard ! C’est pourquoi ces images sont l’imitation d’univers possibles, d’astrolabes ou de sphères armillaire imaginaires. En effet, voici des mondes suspendus dans une gravitation d’univers possible. Ce sont des cartes en 3 dimensions relatant des constellations qui ont existé, existe ou existeront, ces images aident à en prendre conscience par la voie de la démonstration photographique.

Camera-Caméra : à ma fenêtre

Travail personnel durant le confinement depuis ma fenêtre. Paris 2021 ©Sacha LENORMAND Photographe Paris 0609520388

Camera-caméra : j’ai toujours été fasciné par la formation physique des images, que cela soit par l’intermédiaire d’un miroir concave, ou par le trou de la camera obscura. Dans ce moment de confinement, une chambre avec vue pourrait devenir un appareil photo. Et un appareil photo pourrait devenir une chambre dans laquelle se réfugier. Voilà une autre histoire…

Je suis photographe indépendant…

…et depuis toujours photographier est ce que je sais faire de mieux. Au début du confinement, pour occuper le temps, je photographiais les variations du soleil dans la cuisine, les volutes de fumée s’échappant des casseroles, la vaisselle sale, la vaisselle propre, La transparence des tee-shirts séchant dans le soleil. La photo domestique pour qui s’y intéresse est passionnante. Comme nous tous, je vivais entre quatre murs.

La première fois…

… que je fus appelé par le monde extérieur, ce fut à 20 heures, depuis la chambre de ma fille, des clameurs montaient de la rue. J’ouvrais la fenêtre, en face, à droite à gauche, partout des voisins applaudissaient. Le monde extérieur venait de se rappeler à moi. Je n’étais donc plus tout à fait confiné.
Le lendemain matin, quand j’ai ouvert la fenêtre, la vie était là.

Que peut-on demander à un photographe….

… si ce n’est de faire des photos ! Mes valises et sacs photos sont au bureau, bien enfermés, en sécurité. Je n’ai avec moi que mon vieux compagnon, le meilleur appareil photo du monde : un petit compact muni d’un 28 mm. Naturellement je le sors, tente une image, rien ne se passe, peu d’intérêt à photographier depuis le quatrième étage au grand angle. Dans ces conditions impossible d’avoir un contact avec ce qui se joue en bas.
Je trouve une paire de jumelles appartenant à ma fille, cours à la fenêtre, les chausse, et me propulse au loin.

Je deviens un voyeur, qui a le pouvoir de voir loin. Un peu gêné par cela. Pourtant, je persiste à regarder, scruter, me laissant happer par des microdétails que la vision binoculaire magnifie, passants, feuilles, oiseaux, cheminées, nuages… et par les événements de la rue.
Alors, pour amplifier l’effet, en référence aux films de pirates de mon enfance, je saisis les jumelles, colle le boîtier de mon 28 ma à l’un des oculaires des jumelles : apparaît le cercle image, pareil au carton troué que les opérateurs de jadis devaient porter sur la lentille frontale pour donner l’illusion de la longue-vue. La photo est épatante.

Je tiens mon alliage photographique : une paire de jumelles et mon fidèle boîtier.

Avec l’aimable autorisation de ma voisine sur son balcon

Piscine à Paris

Un sujet un peu particulier réalisé en marge d’une commande de la Ville de Paris pour illustrer la vie dans les piscines parisiennes. Réalisé en argentique avec un Nikonos en immersion dans les bassins parisien. Une manière de raconter le quotidien d’une ville et les micro-évènement qui peuvent ponctuer la vie sous-marine des piscines. Piscine de la Butte-aux-Cailles©Sacha Lenormand 2005

La vie sous-marine des piscines parisienne. ©Sacha Lenormand photographe Paris

BOXE

Une série réalisée au sténopé, pour amplifier l’effet temps et tenter de figer le déplacement et le mouvement, l’idée que le cinéma puisse-être possible sur un seul photogramme. Une élucubration photographique pour le plaisir de l’image.

BOXE PINHOLE CAMERA

POBLE NOU DEL DELTA

La lumière tombe du ciel, lourde comme un midi, les nuages se sont absentés et avec eux le peu d’humidité, la chaleur se porte comme un fardeau trop lourd. La colle sous le gainage de caoutchouc de mon vieux Polaroïd fond. La machine est peu évoluée, je sous-expose au maximum pour contrecarrer l’excès de lumière. Construit sous Franco pour loger les riziculteurs, ce village de Poble Nou del Delta est aujourd’hui un lieu de villégiature au cœur du Parc naturel du delta de l’Ebre, l’impression d’une oasis au milieu des rizicultures. Un reportage 100% Polaroïd avec du vrai film Image, © Sacha LENORMAND

Des Portraits, oui des Portraits… et avec une majuscule à portrait.

Portraits aux catacombes de Paris

Perdus dans des tonnes de calcaire, ils ont l’air bien minuscules, ces crânes : Nicolas Fouquet, Colbert, Rabelais, Lully, Racine, Blaise Pascal, Danton, Camille Desmoulins, Robespierre, les 1343 guillotinés de la place de la Concorde, Charles Perrault, Lavoisier… Tous à un moment ou un autre ont été transférés ici, aux Catacombes de Paris. Pas un crâne ne ressemble à un autre crâne, l’humanité vient jusqu’ici, l’être persisterait-il dans la mort ?

Je me souviens des cours de Jean-François Debord aux Beaux-Arts, de sa manière de parler de la vie du propriétaire d’un fémur, d’incarner son existence en lisant dans les os. Comme une cartomancienne plonge dans l’avenir, lui reconstituait un passé, celui du propriétaire d’une clavicule, d’une mandibule ; il parlait du vivant. En silence, seul et en dehors des horaire d’ouverture, un spot à bout de bras, le Polaroïd sur un trépied, je m’interroge sur la carnation de la peau du disparu, sur l’habillage musculaire, la couleur des yeux qui ont depuis longtemps fondu. La boîte crânienne, autrefois séjour des idées, d’inventions de joie et de chansons.

Qui suis-je en train de photographier ? Quelqu’un qui fut ; Rabelais peut-être qui, dit-on, de l’église Saint-Paul fut transféré ici, l’homme au masque de fer… allez savoir ! Quoi qu’il en soit, je photographie quelqu’un, quelqu’un qui fut une personne, alors je fais mon travail de photographe. Série réalisée au Polaroïd en marge d’une commande de la Ville de Paris sur les Catacombes. © Sacha LENORMAND Photographe Paris.